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Une année charnière pour la formation

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Année de la réforme de la formation professionnelle sur fond de crise, l’année 2009 représente une année toute particulière pour nombre d’entreprises. Retour sur cette année avec Laurence Carlinet, directeur du développement de l’Opca Agefos PME.
L’Agefos PME vient de rendre son bilan d’activité pour l’année 2009. Quelles en sont les grandes lignes ?
Il s’agit d’une année de crise qui a été très difficile pour les entreprises. Mais c’est également une année où la formation est devenue une réponse définitivement pertinente face aux difficultés rencontrées. Nous avons pu faire un bilan sur nos différentes mesures d’accompagnement mises en place, à l’image de notre plan anti-crise. Un plan qui devait inciter les TPE de moins de 10 salariés à maintenir leur effort de formation, en remboursant les stagiaires sur la base d’un forfait salaire de 8 euros de l’heure. Nous avons également, sur certains secteurs ou bassins d’emploi, tenté de jouer un rôle pivot pour accompagner les entreprises avec des mesures de co-financements (régionales ou européennes). Il s’agissait d’aider également les PME en difficulté avec des conseils et visites d’entreprises, pour établir un véritable diagnostic de leurs difficultés et trouver avec elles les moyens de capitaliser sur leur « investissements formation » et éviter au maximum des mesures de licenciements.
Quel en a été le résultat ?
Concrètement, pour les entreprises de plus de 10 salariés, l’investissement en formation est en léger recul (-1 %), même si le nombre d’entreprises contributives et de stagiaires a augmenté. Avec un taux de départs en formation relativement stable (autour de 25 %). Pour les TPE, ce taux est en hausse de 5 points par rapport à 2008 et atteint 20 % pour les adhérents de notre Opca. La différence d’accès à la formation se réduit ainsi peu à peu entre les TPE et les PME. Mais il y a encore du travail. Ainsi, le taux moyen d’accès pour les TPE était en 2008, tout Opca confondu, de 8 %.
Quels ont été les effets de la crise sur les dispositifs de formation ?
Ils ont été très importants sur la professionnalisation. Hors période de crise, le contrat de professionnalisation est le dispositif majeur, tant en termes de volume, que d’un point de vue financier. En 2009, nous constatons une chute du financement de contrats de professionnalisation de - 16 % par rapport à 2008. Dans le même temps, les périodes de professionnalisation ont connu, pour nos entreprises adhérentes, une croissance de 62 % en volume. Le DIF a également été beaucoup utilisé, y compris pendant les périodes de chômage partiel. Il s’agit de deux dispositifs « amortisseurs de crise », qui n’avaient pas été imaginés pour ça, mais qui ont aidé nombre d’entreprises à passer le cap.
L’année 2009 a aussi été marquée par la réforme de la formation. Quelles en sont les conséquences ?
Pour les entreprises, cette réforme, contrairement à celle de 2004, reste assez peu impactante concernant les dispositifs de formation professionnelle. A l’exception notable de la contribution au FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels). Là, les conseillers terrain Agefos PME ont dû produire de gros efforts d’explication concernant cette contribution de 13 % : à qui elle était destinée, comment les entreprises pouvaient espérer avoir un retour, pas nécessairement direct, mais global, au niveau de leur branche professionnelle ou de leur secteur d’activité….
Et pour un Opca comme l’Agefos PME, quelles sont les conséquences ?
Les entreprises sont plus focalisées sur l’aspect financier et les ressources financières que par le passé. C’est très clair au niveau des branches professionnelles. La pire catastrophe pour les entreprises d’une branche, est d’imaginer pouvoir compter sur un accompagnement financier et de voir cet accompagnement stoppé net avant la fin de l’année. C’est toute une politique emploi formation qui est brutalement remise en question et ce sont au final autant de salariés qui ne peuvent pas partir en formation. L’effet social est très déstructurant et met l’opprobre sur la fiabilité du système. Le financement sans rupture est une des garanties majeures que nous apportons à nos entreprises qu’elles soient interprofessionnelles ou de branches. C’est également pour cette même raison que la nouvelle loi de 2009 met l’accent auprès des Opca sur des demandes renforcées de transparence, de garanties et d’anticipation prévisionnelle afin de sécuriser le système et d’éviter le « Stop and go » en matière de formation professionnelle. En ce sens, être éligible à la péréquation du FPSPP pour un Opca - ce qui est le cas d’Agefos PME depuis 3 ans - peut aussi s’analyser comme un renforcement des garanties d’une gestion maitrisée des engagements au titre de la professionnalisation.
Plus spécifiquement, comment appréhendez-vous la portabilité du DIF apportée par la réforme du 24 novembre 2009 ?
La grosse différence apportée par la portabilité du DIF, c’est de traduire en pratique et de manière harmonisée pour tous les opérateurs, la monétarisation d’un droit, soit le nombre d’heures à son compteur DIF au moment de la rupture du contrat de travail multiplié par 9,15 euros. La difficulté technique sera de gérer cette enveloppe et d’articuler cette gestion entre les différents opérateurs.
Que change la réforme de la formation dans votre mission, en termes d’accompagnement et de conseil, notamment ?
En tant que 1er Opca des TPE et des PME, le réseau Agefos PME est depuis longtemps bien outillé pour répondre à toutes les nouvelles missions attribuées aux Opca. Il importe surtout de trouver des organisations fiables qui permettent d’apporter une personnalisation du conseil. C’est en premier lieu notre implantation locale dans plus de 84 départements et les visites que les conseillers effectuent quotidiennement. Mais cela peut passer aussi par des sites Internet, des plateformes téléphoniques … mais c’est avant beaucoup de travail sur le terrain à la fois politique et opérationnel. Ainsi, toutes les Agefos régionales mènent par exemple, des actions collectives qui organisent et structurent, via des appels d’offres, des formations transversales régionales pour tous les adhérents et principalement les TPE. Cela permet ainsi aux plus petites entreprises d’accéder à des formations de qualité à des prix très modiques.
En réalité, dans tous les dispositifs d’emploi formation, la véritable valeur ajoutée réside dans le conseil. On ne peut pas appliquer une préconisation standardisée pour des salariés qui ont des âges, des parcours, des diplômés différents. Tout l’enjeu réside donc dans la personnalisation du conseil, clé de la sécurisation de chaque parcours.
Propos recueillis par Brice Ancelin

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