Quelles formations pour quelle efficacité? Par Philippe Brami

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Dans un contexte de budgets formation de plus en plus serrés, avec des agendas surchargés, il devient essentiel de choisir des formations ayant un maximum d'impact dans un minimum de temps et de coûts. Pas si simple…

 

 

 

Aujourd'hui, les quatre conditions préalables à une formation efficace sont: 

- une demande claire en terme des bénéfices attendues de la formation

- la vérification que la formation correspond bien à un besoin du participant

- le choix du groupe

- le choix de formateurs expérimentés dans le contenu mais aussi la forme (qualité de l'animation).

Quand bien même toutes ces conditions sont réunies, l'impact des apprentissages n'est pas toujours au rendez-vous.

 

L’approche traditionnelle de la formation

L'approche traditionnelle s'appuie sur le charisme du formateur. Celui-ci déploie une force de conviction et un savoir-faire d'animateur fédérateur pour transmettre son expertise. Cette approche est très répandue car elle est recherchée par les stagiaires. Les limites de ce type d'enseignement sont cependant multiples. D'une façon générale, on peut reprocher à la formation traditionnelle de ne pas créer l'autonomie du participant et de ce fait, d'avoir un impact peu durable.

 

L’approche anti-traditionnelle : la bonne solution ?

L'approche anti-traditionnelle est basée sur le renversement de l’approche traditionnelle : ce n’est plus le formateur qui « domine » le groupe, c’est « le groupe qui sait ». La pédagogie consiste ici à « faire émerger, exprimer » au groupe ses propres connaissances. Le groupe est alors mis en position de sachant.

Ce type de formation est extrêmement valorisant pour les participants puisqu'ils prennent conscience de tout leur savoir-faire et il leur est renvoyé une image positive de leurs capacités. Mais pour le stagiaire, l'apport de nouveaux points de vue, outils et techniques est faible. En faisant croire à une personne qu’elle sait déjà, on renforce son ego, mais pas ses compétences, sauf, bien sûr, dans le cas de formations qui visent à améliorer la confiance en soi. L'approche anti-traditionnelle n'apporte pas non plus de repères stables ni une vision et expertise nouvelles. En conséquence elle manque parfois d'impact pédagogique. L’impact pour l’entreprise se révèle donc limité, même lorsque les participants sortent satisfaits de leur formation.

 

L'approche systémique : une solution prometteuse

L'approche systémique offre une perspective plus large et contribue à créer des impacts sur la vie collective et la cohérence de l'organisation post-formation.

Le lieu, le moment, les acteurs du face-à-face pédagogique sont en effet élargis avec trois phases : Avant / pendant / après le face-à-face pédagogique. Autant de moments précieux à bien préparer. La dernière phase étant notamment garant de l’impact réel d’une formation. Le manager peut par exemple prévoir un retour au cours duquel le participant racontera ce qu’il a apprécié, ce qu’il a appris, ce qu’il va mettre en pratique.

On peut aussi dans cette approche systématique diversifier les lieux d’apprentissage, sur le terrain, à distance et sous différents formats –web conférence, QCM, visite d'un site de l'entreprise– mais aussi dépasser le « sur-mesure », un concept essentiel mais qui ne suffit pas. 

L'apport du jeu stratégique, organisationnel et relationnel prend ici toute sa dimension. Pour que le changement/l'intégration de nouveaux comportements ou compétences soit pérenne, il est important de valoriser les acquis, construire de nouveaux regards et intégrer de nouveaux éléments en les expérimentant en situations réelles grâce à des exercices et jeux de rôles.

Dans le cadre d'un programme de formation construit et évolutif, la présence du formateur peut être physique et distancielle (rendez vous téléphoniques, web) et même déléguée à des formateurs occasionnels (fonctionnels, managers opérationnels, experts internes).

De nouvelles formes modalités d’apprentissage collectifs ont par ailleurs vu le jour récemment telles que le Co-développement. Dans le modèle originel de cette démarche, c’est le groupe seulement qui appuie un des participants, pour l’aider à surmonter une problématique rencontrée ; il est appuyé en cela par un agent externe, appelé facilitateur.  

En conclusion

L’approche systémique élargit donc nos perspectives en termes de temps, de lieu, de modalités pédagogiques ; de plus, elle permet de décloisonner les phases du processus pédagogique. Les opportunités d’apprentissages sont donc démultipliées. On considère la globalité de la « chaine de valeur pédagogique ». L’impact provient d’une série d’actions sur le système (contexte de travail des participants), à chaque niveau. De quoi créer un impact plus important grâce à l’implication plus large de nombreux acteurs (participants, hiérarchie), à un déploiement dans le temps et l’espace et à l’usage du « métissage pédagogique ».

 

A propos de Philippe Brami

En 2012, Philippe Brami est fondateur de la société Interactive Conseil, spécialisée dans les formations commerciales et en management. Il a notamment créé la marque « Innover par le jeu ». Certifié au coaching et au Team building par Vincent Lenhardt, il est notamment formé à l'approche de Palo Alto, et à la Programmation Neuro-Linguistique (PNL).

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