Coaching : un métier d’expérience

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Entre le life coaching, le coaching d’entreprise ou encore le relooking, le coaching s’est énormément développé avec de vrais défis à relever à la fois pour une profession encore en recherche de régulation et pour des clients potentiels, particuliers et surtout entreprises, confrontés à cette diversité.

 

 

 

« Notre métier a explosé ces dernières années, avec un terme, coach, qui a pris énormément d’importance, dans diverses dimensions et secteurs. » Annie Cottet, présidente de la Société française de coaching est à la fois ravie du développement de son secteur d’activité, et prudente quant à la manière d’accompagner le développement de cette activité. « Nous nous situons au cœur d’une profession auto-régulée. Mais si tout le monde peut se proclamer coach, il existe des associations comme la SF Coach dont le comité d’accréditation et de déontologie va accréditer tel ou tel formateur. Tout sera question de personnalité, et bien sûr de compétences et d’expériences. »

 

Expériences, le terme est essentiel. Expérience dans le coaching, expérience de la vie également car le métier de coach exige un vrai savoir-être et un savoir de vie. Professionnel indépendant ou intégré à un cabinet spécialisé, le coach d’entreprise intervient le plus souvent pour accompagner des managers ou de jeunes potentiels sur certaines évolutions professionnelles complexes, ou dans le cas de souffrance au travail. Dès lors, impossible de coacher à 25 ans…

« Il s’agit souvent d’une deuxième carrière pour des personnes provenant du monde de l’entreprise », explique Marie-Pascale Martorell, auteur de Coacher grâce aux neurosciences, à paraître au mois de février aux Editions Studyrama. « Ce sont souvent d’anciens responsables ressources humaines ou d’anciens responsables marketing. Il peut aussi s’agir d’une évolution de carrière pour des personnes dont le métier se situait dans l’accompagnement, comme formateur ou consultant. Il s’agit d’un métier qui se façonne avec la maturité. »

 

La fonction étant fortement « impactante » sur le coaché, la formation au métier se doit donc d’être exemplaire. Avec des critères sévères en termes de préparation. « La Société française de coaching impose à ses adhérents d’avoir suivi leur propre processus de psychothérapie, reprend Annie Cottet. Il est essentiel, en effet, d’avoir fait le clair sur ses motivations inconscientes pour ne pas projeter ses propres conflits sur son clients. » Et Marie-Pascale Martorell d’ajouter : « Vous accompagnez des personnes pour qu’elles se réalisent. Il faut que le coach soit au clair avec ses propres enjeux de développement, avec ses failles narcissiques, sa relation au pouvoir, ses enjeux d’attachement etc. »

 

Des formations universitaires ou en instituts privés

Comment devient-on coach ? « De nombreuses formations se sont ouvertes, indique Marie-Pascale Martorell, qu’elles se trouvent dans des instituts privés qui représentent souvent chacun un courant de pensée ou de pratique –Gestalt, PNL, analyse transactionnelle, ou à l’université. Je pense par exemple à l’Université de Cergy. Ne pas oublier certaines écoles comme la formation certifiante Executive coaching de HEC. »

 

En clair, de nombreux formats pour de nombreux objectifs. Certains établissements proposant des parcours d’une dizaine de jours intensifs quand d’autres vont former leurs élèves au rythme d’une à deux journées par mois pendant presque toute une année. Selon Annie Cottet, « les formations universitaires sont assez nombreuses. On les retrouve à Paris, mais aussi pour un certain nombre en province. Elles résident exclusivement dans les départements de formation continue. » Parmi les parcours les plus connus, citons le DESU Pratiques du coaching et le DFSSU Professionnnalisation du coaching en entreprise, de Paris 8 , le diplôme universitaire (DU) Executive Coaching : coaching de dirigeants et managers de l’Université de Cergy-Pontoise, ou encore le DU de Coaching de l’IAE de Toulouse. Le format classique consiste alors en quelques dizaines ou quelques centaines d’heures de formation réparties sur toute l’année, à raison de une à deux journées par semaine ou plus souvent par mois de cours, accompagnés d’activités et de projets personnels, de stage ou encore de rédaction de mémoire. « Autre possibilité, poursuit Annie Cottet, les organismes de formation privés, très branchés sur le métier et la pratique. Ce sont de bonnes formations mais beaucoup d’entre elles proposent des parcours centrés sur le savoir-faire du seul fondateur. »

 

Des formations labellisées SFC ou IFC…

Pour distinguer le bon grain de l’ivraie, des organismes comme la Société Française de coaching ou encore l’International Coach Federation (ICF) ont mis en place des référentiels de formation ou de compétences qui leur permettent d’attester de la valeur d’un certain nombre de cursus. Parmi les critères de qualité les plus utilisés figurent les programmes bien sûr, mais aussi les compétences des formateurs, les techniques d’évaluation ou encore l’examen final. Certaines écoles revendiquent par ailleurs l’inscription de leur titre au RNCP.

Quoi qu’il en soit, les coaches, une fois en situation professionnelle, pratiquent à peu près tous une formation permanente au métier. « les coaches que je fréquente s’engagent dans des  programmes de développement personnel qui durent des années, conclut Marie-Pascale Martorell. C’est une formation permanente. S’engager avec sérieux dans ce métier de coach, c’est une transformation en profondeur. Il est prouvé  que nous pouvons continuer de changer, de nous transformer, cela s’appelle la plasticité neuronale. »

 

Antoine Teillet

 

"Coacher grâce aux neurosciences", de Marie-Pascale Martorell, aux Editions Studyrama Pro. A paraître en février 2016.

Ce livre a pour ambition de rendre accessible aux coaches, managers, et responsables de ressources humaines l’impact des neurosciences sociales et affectives dans leur métier d’accompagnant, de contribuer à cultiver leur appétence pour la complexité de la personne et de les aider à développer leurs compétences dans la régulation complexe des relations professionnelles. 

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