Digital learning : vous avez dit « SMAC » ? Par Michel Diaz

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En 2016, le Digital learning sera-t-il ou non «SMAC» ? C'est-à-dire placé sous les 4 signes du Social, du Mobile, des Analytics, et du Cloud ? Quatre tendances qui interagissent, telle est en tout cas leur force…

Cloud

Parlons Cloud pour commencer, car il conditionne le reste. Cloud pour nuage –ou Web–, ou lorsque les données quittent le serveur physique de l’entreprise suivies des applications, et maintenant des infrastructures. Dans le champ de la formation, les données produites par les apprenants, managers, formateurs, etc. dans leurs interactions avec les modules e-learning et le portail de formation sont dans le Cloud, comme la plateforme LMS qui, de logiciel, est devenue un service Web comme un autre. Mais ceci est moins une tendance qu’une confirmation, car la très grande majorité des entreprises privilégient l’acquisition de leur LMS dans le Cloud (ou en mode SaaS, ce qui est grosso modo la même chose). Les responsables formation dépendent moins de la direction informatique, mais collaborent plus étroitement avec le fournisseur de services LMS, ce qui suppose quelques compétences, une organisation et une gouvernance ad hoc. Autre changement : le support technique et la maintenance évolutive sont plus fluides, le budget plus facile à prévoir et facile à négocier avec la direction financière, l’aisance et la souplesse de paramétrage permettent de sculpter simplement la plateforme en fonction de l’évolution des besoins.

Social

Le Cloud ouvre ensuite le jeu du Social. Social comme Facebook, LinkedIn et les services supportant les communautés d’échanges. Chaque salarié, expert ou non, dispose alors d’un profil qu’il a renseigné dans l’espace «réseau social» de la plateforme LMS. Un profil qui lui sert à échanger avec ses co-apprenants avant la formation, pendant et après. Qu’il s’agisse de publier une information (d’une connaissance, d’un témoignage, etc.) ou encore  de répondre à une publication (commentaire, notation, contribution, etc.)… Communauté d’apprentissage (d’alumni) d’abord, prolongée si affinités en communauté de pratique dont la durée s’indexe sur la valeur du challenge qu’elle offre à ses membres (toute communauté de ce type a une durée limitée). Les formateurs et pédagogiques en rêvaient ? La plateforme LMS l’a fait (aiguillée par les plateformes de réseau social) : la formation n’est plus événement mais elle est devenue un processus (formation continue), elle donne la main aux apprenants, quant aux formateurs, ils disposent des outils pour «capitaliser» les savoirs utiles (dans un FAQ, une base de Knowledge Management, par exemple). Et si on se mettait sérieusement au Social Learning ?

Mobile

«Get Mobile", "Passer au mobile", on entend partout ce slogan, dans la formation y compris. Parce que le smartphone est également partout, et qu’il a déjà remplacé l’ordinateur personnel dans de multiples activités (regarder une vidéo, écouter de la musique, échanger dans un réseau social… téléphoner, etc.). Il serait surprenant en cette aube de 2016 que les responsables formation n’en prennent pas acte, pour imaginer les offres de contenus et de services qui leur permettront de renouer avec les salariés et les métiers. Après le «pic des espérances exagérées» (Cycle du Hype, Gartner), puis le passage par le «Gouffre des désillusions», il se pourrait fort que le Mobile Learning - le «Get Mobile» dans le champ de la formation - soit en train de remonter la «Pente de l’illumination»… Il faut avouer qu’un grand nombre de freins ont disparu ; en particulier le Mobile Learning peut s’appuyer sur une ingénierie pédagogique (responsive design inclus) et des langages auteurs qui commencent à être connus. Le passage du e-learning traditionnel à des formats plus souples et ouverts accélère par ailleurs l’obsolescence des patrimoines e-learning.

Analytics

On ne fait qu’entrevoir la puissance de cette nouvelle «learning intelligence» supportée par des outils qui permettent d’analyser en temps réel les situations et profils d’apprentissage pour les corréler avec les besoins des métiers et la stratégie de l’entreprise ou avec les souhaits et possibilités de carrière des salariés. Je posais récemment (Londres, Oct. 2015) cette question à Adam Miller, fondateur et CEO de Cornerstone : «22 millions d’utilisateurs (NDLR : nombre des abonnés aux services de Cornerstone) produisent-ils assez de données pour qu’on puisse parler de BigData et jouer à l’analyse prédictive ?» Réponse : «J’ai posé cette question à notre responsable de ce domaine : sa réponse a été positive, sans ambiguïté !». Dont acte. Ceci dit, une entreprise cliente, aussi grande soit-elle, possèdera-t-elle assez de données pour tirer profit des analytics ? Pas sûr, mais c'est déjà une bonne raison pour commencer d'accumuler ces données en passant rapidement au Cloud… L'entreprise pourra toujours benchmarker sa formation avec celle des entreprises de son secteur, par l’intermédiaire de son fournisseur de services LMS !

 

A propos de l’auteur :

Michel Diaz est Directeur associé à Féfaur, un leader européen du conseil en stratégie Digital Learning et en évaluation de la formation. Ses méthodologies, notamment son Schéma Directeur Digital Learning®, sont utilisées dans les grandes entreprises et organismes de formation en France et à l’étranger. Ces séminaires sont suivis annuellement par des centaines de décideurs formation-RH. Michel Diaz figure dans la liste trainingpress des 10 principaux influenceurs européens.

 

Actualité : Féfaur délivrera son Séminaire Evaluation annuel le 13 mars à Paris. Une centaine de décideurs formation-RH sont attendus sur la thématique « Construire et piloter votre stratégie d’évaluation de la formation ».

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