Comment former la génération Y ?

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Formée aux jeux vidéos et à l'Internet dès le biberon, les moins de 30 ans arrivent dans les entreprises avec des attentes très fortes en matière de développement des compétences et des schémas d'apprentissage nouveaux. Cette nouvelle donne oblige les organismes de formation à s'adapter comme le confirme Annick Cohen-Haegel, responsable des stages RH du Groupe Cegos. Quel rapport entretient la génération des moins de 30 ans avec la formation ? - C'est une population qui adore se former, et avec un mot clé : "ma compétence". Le développement de leur expertise par l'entreprise constitue pour eux une chose naturelle. C'est même l'un des piliers de leur engagement au moment de choisir une entreprise. Cette génération est-elle ouverte à toutes les formes d'apprentissage ? - Les jeunes n'ont aucun problème d'adaptation au e-learning, qui pour eux est un mode d'apprentissage naturel, au même titre que l'école ou la famille. Mais ils aiment bien aussi le présentiel, à condition d'évoluer dans un principe d'actions alternées. Pour ne pas les ennuyer, il faut varier les plaisirs en travaillant en petits groupes, en changeant d'endroit, en jouant, en ayant recours à la musique, à la vidéo et à des supports qu'ils connaissent bien. Avec eux, il faut aller clairement au-delà de la formation papier crayon. Cette alternance ne doit pas se limiter aux seuls outils, elle doit aussi être appliquée sur les méthodes pédagogiques et sur la prise de parole entre le formateur et les participants. Quels sont les principes pédagogiques qui fonctionnent le mieux avec les moins de 30 ans ? - Ils aiment beaucoup les jeux de rôle qui sont proches du réel et sont très sensibles au principe du "formateur ressource" qui leur apporte une pédagogie et les fait réagir pour les rendre acteurs de leur propre formation. Enfin, ils accrochent bien au "shadowing", qui leur permet de rester dans l'ombre d'un expert qu'ils vont suivre dans les réunions ou dans la résolution de problèmes. C'est aussi une génération qui n'a pas peur de commettre des erreurs. S'ils se trompent, ils recommencent, sans états d'âme.

A contrario, y-a-t-il des principes pédagogiques qui fonctionnent moins bien ? - Nous avons du mal à les faire adhérer à tout ce qui touche aux retours d'expérience et aux cas personnels. Tout simplement parce que par définition, ils ont moins d'expérience et ont donc moins besoin de les vivre pour les comprendre. Comment fait-on pour gérer un groupe qui mélange des jeunes et des moins jeunes ? - Chez Cegos, nous avons mis en place douze principes pédagogiques que l'on retrouve dans toutes nos formations. Ces principes sont conçus pour satisfaire au final l'ensemble des publics. Il n'est donc pas question de segmenter les stagiaires. On répond aux attentes des uns et des autres en variant les façons de faire. Au final, diriez-vous que les organismes de formation ont réussi cette mutation ? Cela fait maintenant plusieurs années que l'on voit arriver cette nouvelle génération. On s'est adapté, et cela fonctionne très bien. Les moins de 30 ans nous ont poussé à faire du e-learning, et aussi de la formation "blended" qui mixe e-learning et présentiel. Sous leur impulsion, on a commencé à proposer des formations qui alternent présentiel pour le savoir-faire, les jeux de rôle ou les situations apprenantes, et le e-learning pour chercher le savoir. Nous avons aussi développé pour eux des accélérateurs pédagogiques pour qu'ils replongent dans les univers qu'ils affectionnent, avec beaucoup de scénarisation. Propos recueillis par Yves Rivoal


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