Nouvelles technologies : La montée du virtuel dans les formations

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Depuis deux à trois ans, le virtuel s’invite dans de nombreuses formations, d’autant que les technologies permettent une généralisation des terminaux mobiles. Seul bémol, l’innovation va plus vite que l’appropriation, ce qui n’est pas sans conséquence tant pour le formateur que pour l’apprenant. Cependant, les potentialités ouvertes par le virtuel sont considérables et ouvrent des perspectives infinies, offrant au passage un nouveau rôle au formateur.

Comme le souligne Yves Lemasson, consultant spécialisé en ressources numériques (1), « le virtuel suppose une redéfinition de la fonction de formateur : ce dernier n’est plus seulement un sachant mais un facilitateur, un accompagnateur qui aide le stagiaire à développer des capacités de raisonnement et d’adaptation à l’aide de ces nouveaux outils ». Le stagiaire accède beaucoup plus aisément à l’information. Mais la présence du formateur est d’autant plus importante pour acquérir la méthodologie. « Le virtuel introduit ainsi une nouvelle forme d’apprentissage, beaucoup plus active, complète Vanessa Vanderhaeghen (2), déléguée régionale Bretagne de la structure Cadres en Mission. Le virtuel favorise les échanges entre participants et avec le formateur, et développe autonomie et responsabilisation lors de la phase d’apprentissage ».

 

Technologies numériques : du simple projecteur aux simulations virtuelles…

 

A ce jour, les potentialités sont nombreuses. Les technologies numériques vont du plus simple vidéo projecteur à l’entreprise virtuelle en passant par des procédés sophistiqués permettant de réaliser des simulations dans un monde virtuel. Autre innovation, la réalité augmentée, qui place l’apprenant en situation d’usage du produit grâce à une superposition d’informations issues du virtuel sur des images issues du réel. Ces technologies ouvrent des perspectives intéressantes, puisque des apprenants pourront par exemple découvrir des éléments du passé ou du futur sur une réalité qu’ils connaissent déjà. « Cela peut éveiller leur curiosité, et par là, développer leur capacité d’apprentissage, note Yves Lemasson. En atteignant la sensibilité de l’utilisateur, ces technologies donnent l’envie d’en savoir plus et de s’impliquer totalement dans l’apprentissage ».

 

Plus encore, ajoute Vanessa Vanderhaeghen, « le virtuel permet de développer une nouvelle forme d’intelligence collective et de réaliser des travaux collaboratifs de grande qualité, sous condition bien sûr, que le formateur et les stagiaires soient parfaitement à l’aise avec ces outils ». Aussi, « l’appropriation de ces technologies est fondamentale pour favoriser l’apprentissage et permettre une cohérence d’ensemble, rappelle Yves Lemasson. Les évolutions à venir s’appuieront de plus en plus sur l’utilisation des terminaux mobiles en permettant à l’apprenant de préparer une formation en amont et de la prolonger en aval au travers par exemple d’applications téléchargeables.

 

« Le virtuel, en complément des pratiques réelles »

 

Reste cependant que l’introduction du virtuel bouleverse le métier de formateur, l’invitant à être vigilant sur de nombreux points. S’il ne maîtrise pas parfaitement ces outils, le risque de perte de temps est considérable. Il doit également composer avec les incertitudes, les modèles virtuels n’étant qu’une approximation de la réalité. Enfin, il doit s’assurer que les stagiaires maîtrisent l’aspect interactif de la formation, auquel cas le risque de dispersion est très fort. Par ailleurs,  « le virtuel doit se poser comme un complément de la pratique réelle afin que la formation soit la plus globale possible », complète Vanessa Vanderhaeghen.

 

Et si le virtuel peut prendre place dans de très nombreuses formations, notamment celles à forte dominante technologique (médecine, aéronautique…), il ne faut pas oublier que les formations utilisant ces technologies tiennent leur réussite de l’interaction entre l’apprenant et la technologie mais aussi entre les apprenants eux-mêmes. « La limite du virtuel tient toujours au facteur humain qui lui, n‘est pas modélisable » rappelle Yves Lemasson. Tant et si bien que « la réussite d’une formation tient en un projet global articulé autour du virtuel (de moindre coût, plus accessible et responsabilisant les utilisateurs) du présentiel et de la mise en pratique, ce qui signifie que les formations en blended ont un bel avenir », conclue Vanessa Vanderhaeghen.

 

Frédérique Guénot

 

(1). Yves Lemasson intervient pour le compte de collectivités locales dans le cadre du développement durable, de l’environnement et du tourisme

2) déléguée régionale Bretagne de la structure Cadres en Mission, Vanessa Vanderhaeghen accompagne les porteurs de projets dans la création et le développement de leur activité de conseil, formation et management de transition en portage salarial.

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