« Pour l’entreprise, la vraie réforme se situe autour du financement de la formation »

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En vigueur depuis le 1er janvier, la réforme de la formation professionnelle va profondément impacter la vie des entreprises, notamment par le biais de nouveaux modes de financements. Explications de Tatiana Marot, chef de produit formation, au sein du département management et efficacité professionnelle d’ EFE.

On résume  souvent la réforme de la formation professionnelle à la mise en place du CPF, les nouveaux entretiens professionnels et l’instauration du Conseil en évolution professionnelle… Oublie-t-on certains points avec ce type de synthèse ?

 

Tout dépend du point de vue à partir duquel on observe cette réforme. De fait, la réforme de la formation professionnelle a clairement voulu placer le salarié au cœur de son évolution professionnelle. Et les dispositifs que vous avez cités ont pour objectif de lui permettre d’évoluer plus facilement.

 

Du point de vue de l’entreprise, la vraie question se situe davantage autour des nouveaux modes de financement. Avec la réforme, le financement de la formation va en effet considérablement évoluer.

 

De quelle manière ?

 

Premier important changement, le financement du plan de formation évolue, les entreprises de plus de 300 salariés n’étant plus obligées d’y contribuer. Dès lors, ce plan va devenir un important enjeu de négociation pour les responsables formations qui vont devoir expliquer le bien fondé des formations qu’ils estiment nécessaires à leur direction financière ou à leur direction générale. Alors que la formation était une simple obligation à laquelle les entreprises se pliaient, cet élément va devenir un enjeu dont il va falloir discuter en interne. Un enjeu stratégique qui va impliquer de grandes composantes des entreprises.

Pour résumer, l’obligation de financer le plan de formation laisse la place à une obligation de former ses collaborateurs pour maintenir leur employabilité. D’une obligation fiscale, on passe à une obligation d’ordre social.

 

Ce faisant on « oblige » les entreprises à davantage s’impliquer en matière de formation…

 

Il s’agira en effet pour elles de gérer de manière différente leurs collaborateurs et de garder constamment en tête la nécessité de les faire évoluer professionnellement. Nous allons ainsi vers une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences bien plus précise et plus active. Et cette stratégie fera l’objet de contrôles réguliers puisque tous les six ans seront vérifiées les augmentations, les formations et les évolutions proposées par les entreprises à leurs salariés. Avec pour ces dernières l’obligation d’avoir procédé à au moins deux de ces trois actions.

 

Derrière ces contraintes, l’objectif de la réforme est très clair et en faveur de l’évolution professionnelle.

 

On évoque 500 000 ouvertures de comptes depuis le 1er janvier. Cette statistique paraît tout de même encourageante…

 

Certes, mais il faut la comparer au total des actifs… Comme toute grande évolution, la réforme de la formation professionnelle doit encore prendre son élan. Et il est vrai que ce n’est pas simple car le CPF et tous les autres changements engagés au 1er janvier ont souffert d’un vrai déficit d’information. Le public connaît encore mal la réforme, et ne sait pas, la plupart du temps, quelles formations seront désormais financées au titre du CPF. Parcours diplômants, certifiants ou qualifiants, tout le monde ne comprend pas encore quels parcours sont concernés, d’autant que tout n’est pas encore parfaitement décidé.

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